Y a t’il une vie numérique après la mort ?

vie numérique

Toutes les minutes, trois utilisateurs de Facebook décèdent dans le monde. À cette vitesse, on comptabilisera bientôt plus de membres morts que de vivants !

 

Une question existentielle se pose alors : que deviennent nos données une fois que nous sommes passés de vie à trépas ? Qui doit les gérer et comment anticiper la vie après notre mort de nos comptes sur les réseaux sociaux ? Que deviennent nos données après la mort ?
Voici quelques réflexions sur le “deuil numérique”.

Bon à savoir :
– On commence à assister à une prise de conscience autour de la gestion post-mortem de son passé numérique,
– Il est de plus en plus fréquent que les proches s’approprient le profil du défunt,
– Est-ce légal voire moral pour un tiers d’avoir accès aux données numériques d’un défunt ?

Notre existence numérique s’est construite parallèlement à internet. Au tout début, pour avoir une vie sur internet, il fallait que l’utilisateur crée son propre site internet ou son blog. Depuis l’avènement des réseaux sociaux, notre profil numérique a évolué, et comme l’a si bien dit Andy Warhol, tout le monde ou presque a maintenant ses moments de célébrité numériques et est visible dans le monde entier.
À ces deux facettes s’additionnent les données “volées” par les systèmes informatiques et les moteurs de recherche à l’insu de l’internaute, (sa géolocalisation, ses habitudes d’achats, ses goûts musicaux, etc….). L’ensemble de ces informations, fait notre identité numérique.

Les données parlent à la place du mort

 

Ces informations revêtent une charge émotionnelle importante après le décès de l’utilisateur. Suite au trépas, la famille ou les amis ont tendance à prendre en charge cet espace numérique laissé vacant : un quart des profils Facebook de personnes décédées est repris et géré par un membre de leur famille, ce qui peut poser problème et dégénérer en conflit de famille.
Depuis 2016, Facebook offre deux possibilités en cas de décès : supprimer le compte ou le modifier en page « hommage ». Or, seulement 3% des cas sont concernés par cette dernière option, jugée trop contraignante à gérer au moment du décès.
D’après le règlement de Facebook, il est interdit de publier sur le profil d’une personne décédée. Pourtant il est avéré qu’un quart des pages facebook est modifié après le décès de l’usager par des proches qui utilisent les identifiants du défunt et publient ainsi par exemple l’annonce de ses funérailles.

Imaginez le choc et la surprise de ceux qui apprennent ainsi la disparition d’un proche, par le défunt lui même sur sa page Facebook !

Il est fréquent que les proches continuent par après à “faire vivre” les profils, principalement pour améliorer et de protéger l’image laissée sur Internet et par conséquent mettre en valeur la personne décédée.

Prévoir ce qu’il va se passer avec ses données

 

Ce sont donc principalement les proches ou les ayant-droit qui s’occupent de la gestion de l’identité numérique post-mortem. Néanmoins, on assiste de plus en plus à une volonté des gens de décider eux-même sur le devenir de leurs données après leur mort ». D’après une étude, 15 % des personnes interrogées aimeraient conserver leur profil public tel qu’il était avant leur mort, 35% veulent le supprimer totalement et 30% voudraient le garder, mais uniquement pour les proches.
D’un point de vue législatif, la situation évolue doucement. Ainsi, le nouveau règlement européen sur la protection des donnée, prévu en mai 2018 prévoit le droit à la suppression des données, le « droit à l’oubli ». Tous les droits liés à une personne s’éteignent le jour de son décès.

Entre vie éternelle et deuil impossible

 

Doit-on protéger les droits et volontés du défunt ou ceux des proches ? La gestion de ces données apporte une nouvelle dimension au deuil. En effet, la présence des traces numériques d’un défunt peut adoucir ou au contraire exacerber la douleur du deuil. L’ordinateur du défunt peut devenir une relique, beaucoup de personnes expliquent leur douleur à supprimer les comptes, certains emploient l’expression “tuer une seconde fois” leur proche. Pour d’autres, surtout les plus jeunes, le numérique donne l’illusion d’une vie éternelle. Mais cet état d’esprit est à double tranchant : Et si le profil numérique d’un mort permet de garder le souvenir, il risque également de prolonger la phase de deuil.

Nous voilà donc face à un nouveau rapport à la mort pour le meilleur ou pour le pire ?

A quoi vont ressembler les cimetières du futur ? Les tombes seront équipés d’un numéro que l’on pourrait joindre par sms. On tomberait alors sur une intelligence artificielle qui simule la personnalité des défunts. Jusqu’au jour où les tombes commencent à contacter les vivants.

Un premier pas vers l’immortalité ? 



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