Faut-il avoir peur du trou-noir numérique ?

trou noir numérique

Le numérique est appelé à disparaître ! La plupart des spécialistes en sont certains. On a beau prendre toutes les précautions en copiant, en sauvegardant photos, vidéos, musiques et autres documents importants sur les appareils actuels, ces derniers ne dépassent pas les cinq ans. La faute à qui ? L’obsolescence des supports électroniques et des contenus numérisés. Allons nous irrémédiablement perdre la mémoire ?

 

Dans nos clés USB, nos disques durs ou sur serveur à distance, des séries de 0 et de 1 codent l’essentiel des produits de la culture de l’humanité. Evidemment il reste des livres, quelques tableaux, une cassette ou un vinyle par-ci par-là, mais l’accumulation et la diffusion de l’information décolle grâce au stockage numérique.
En 2015,Vint Cerf,  un scientifique américain emploie pour la première fois le terme « digital black hole » ( trou noir numérique) Ce pourrait se traduire par : la menace de perdre à tout jamais tout ce qui est stocké sur des supports numériques.

Une perte de mémoire mondiale ?
Il met également en garde sur l’obsolescence des programmes et données produite à la naissance du monde numérique : Les instituts publics se soucient maintenant de conserver les données hébergées sur internet, la British Library en particulier, qui s’acharne depuis 2013 à archiver des documents numériques. La menace est étayée par les théories prédisant l’effondrement économique et énergétique. Si on perd l’usage des appareils électroniques, perd t-on également la mémoire ?

Quitte à laisser sa marque dans l’histoire, autant que l’on se souvienne de votre nom.
Le trou-noir numérique fait également réfléchir les “cadors” installés dans la Silicon Valley : Pendant que le temps passe, la fondation “Arch Mission” veut sauver l’humanité en synthétisant les recherches sur les nouveaux moyens de stockage afin d’archiver des œuvres importantes et sauvegarder les connaissances de notre espèce.
A l’aide d’une technologie à base de quartz taillé au laser en cinq dimensions, la fondation créée des « Arch libraries », une espèce de bibliothèque supposée résister à l’épreuve des années qui passent, à l’instar de Noé et de son arche. Lorsque Elon Musk a mis en orbite une des ses Tesla, celle-ci a embarqué à son bord un de ces super quartz de l’Arch Mission, qui contenait un série de romans de Science Fiction.

Si vous tenez vraiment à une photo, imprimez-là
Le problème avec les moyens de stockage actuels, c’est qu’ils sont fragiles : nos discussions sur les réseaux sociaux ne sont pas gravées dans la pierre. Même lorsqu’on imagine de nouvelles façons de stocker des informations (comme dans l’ADN par exemple), le problème n’en est pas pour autant résolu. En effet, le volume est tel qu’il est impossible de tout stocker, de plus ça coûte trop cher, ça consomme trop d’énergie.
À défaut d’un engagement fort et cohérent des pouvoirs publics, préoccupés à préserver les archives en papyrus datant d’il y a 3000 ans, les géants de l’industrie se trouvent responsables de la survie et de l’archivage de ce qu’on produit à l’ère numérique. Comme les GAFA et compagnie ont le pouvoir de décider de ce qui est stocké ou pas, le conseil de Vint Cert tient toujours : ce à quoi vous tenez vraiment (un peu de tri ne fait pas de mal), mettez-le de côté, imprimez-le, enregistrez-le ou achetez-le en vinyle.



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